VISION – KIDULT –


VISION – KIDULT

Graffiti is not simply an artistic expression, graffiti is a protest, a scream of anger which has always claimed the right to the city through (re)appropriation of the commons and the public spaces, including streets, walls, and vehicles of transportation. Streets are in the hands of all and through graffiti, I aim to claim both the gratuity and access to my production. The streets are the main support of my protest and the biggest free art gallery. Le graffiti n’est pas uniquement une expression artistique, c’est une forme de protestation, un cri de colère qui a toujours visé à affirmer notre place dans la ville par la (ré)appropriation des espaces communs et publics, incluant les rues, les murs et les moyens de transport. Les rues nous appartiennent à tous et, à travers le graffiti, je cherche à affirmer la liberté et l’accessibilité de mes œuvres. Les rues sont le support principal de ma contestation et constituent la plus vaste galerie d’art en libre accès.
The successive reappropriation of graffiti by these brands leads me to fight them back. This battle is perpetually evolving by displacements and adaptations to the constraints of our society. La récupération successive de mes graffitis par ces marques me pousse à contre-attaquer. Cette bataille évolue constamment, s’adaptant et se déplaçant face aux contraintes de notre société.
At the core of this struggle lies the brutal opposition of two different visions of graffiti, the commercial graffiti and the free graffiti that I defend. Au cœur de ce combat se trouve l’opposition brutale entre deux visions différentes du graffiti: le graffiti commercial et le graffiti libre que je défends.
The cities are the theater of a battle for space, a battle in which I try to expose my vision of the world, and destroy theirs. My extinguishers, paint and spray cans are my weapons of mass destruction. They may have all the money in the world; they will never win in the streets because we are the streets! Les villes sont le théâtre d’une bataille pour l’espace, une lutte dans laquelle je tente d’exposer ma vision du monde et de détruire la leur. Mes extincteurs, pots de peinture et bombes aérosols sont mes armes de destruction massive. Ils peuvent avoir tout l’argent du monde; ils ne gagneront jamais dans les rues parce que nous sommes les rues!
The army is growing and the struggle is global.
I am not the one who declared the war, I just responded to defend my vision of what graffiti and society should be, free.
L’armée grandit et la lutte est globale. Je ne suis pas celui qui a déclaré la guerre, j’ai juste répondu pour défendre ma vision de ce que le graffiti et la société devraient être, libres.
My work is a battle against commercialism and a way of actively rejecting materialism and society’s hyper consumption. It is a game of action and reaction, I strongly react to the (re)appropriation of both the graffiti aesthetics but also to the hijacking of graffiti and graffiti artists by luxury brands for profit-making. Mon travail est une bataille contre le commercialisme et une façon de rejeter activement le matérialisme et l’hyperconsommation de la société. C’est un jeu d’action et de réaction, je réagis fortement à la (ré)appropriation de l’esthétique du graffiti mais aussi au détournement du graffiti et des graffeurs par les marques de luxe à des fins lucratives.
Many will say that the recuperation of graffiti has legitimized graffiti, raising its profile as an art form. I, however, insist that this kind of legitimation deprives the graffiti of its essence, which at its core values the “free,” both in freedom of expression and freedom from pay, or non-profit making. Luxury brands appropriate graffiti for publicity, thereby pushing me to react by vandalizing their stores with real graffiti. These brands are usurpers, and they are, in their enterprise of stealing our culture, helped by the institutions that rule our society. Beaucoup diront que la récupération du graffiti a légitimé le graffiti, rehaussant son profil en tant que forme d’art. Cependant, j’insiste sur le fait que ce type de légitimation prive le graffiti de son essence, qui valorise au fond le «libre», à la fois en liberté d’expression et en liberté de non-profit. Les marques de luxe s’approprient le graffiti pour la publicité, me poussant ainsi à réagir en vandalisant leurs magasins avec du vrai graffiti. Ces marques sont des usurpatrices, et elles sont, dans leur entreprise de voler notre culture, aidées par les institutions qui dirigent notre société.
The main concept that sets me against the brands and the governing institutions is the commercialization and the market value of graffiti. Following this logic, the brands are creating an abyssal gap between the value of graffiti and the price that they sell it for, making profits out of something they do not and will never own. The hijacking happens in both senses; I take over the brand’s marketing strategies in order to pirate their image. I use the same techniques they do to advertise for my cause, to be seen and heard by all.
I use their notoriety. By using the same media, I use their tool to dismantle their system.
Le concept principal qui me met en opposition avec les marques et les institutions gouvernantes est la commercialisation et la valeur marchande du graffiti. Suivant cette logique, les marques créent un fossé abyssal entre la valeur du graffiti et le prix auquel elles le vendent, réalisant des profits sur quelque chose qu’elles ne possèdent pas et ne posséderont jamais. Le détournement se produit dans les deux sens; je prends le contrôle des stratégies marketing de la marque pour pirater leur image. J’utilise les mêmes techniques qu’eux pour faire de la publicité pour ma cause, pour être vu et entendu par tous. J’utilise leur notoriété. En utilisant les mêmes médias, j’utilise leur outil pour démanteler leur système.
With the storefronts it was never about beauty or esthetics, the goal was efficiency: the right spot at the the right time, making as much damage as possible, shocking people, this is what my graffiti is all about. The principle is very simple, they pretend to love graffiti, and then I am giving it to them. If they use and love graffiti that much then the brands
should agree entirely to the codes and principles that rule graffiti. Real graffiti is free, it is illegal and it happens when and where you do not expect it. Brands are using graffiti so they have to deal with me, the blowback.
Institutions support brands, the legal arsenal and police repression are their main tools. I am legitimate and illegal, they are illegitimate and legal. This is how our society works, whenever you are perceived as deviant, out of the frame or subversive, you are hunted and the governing bodies are trying to shut you down. The neoliberalization of our society tends to the generalization of this functioning pattern.
Avec les devantures de magasins, il n’a jamais été question de beauté ou d’esthétique, l’objectif était l’efficacité: le bon endroit au bon moment, causant autant de dégâts que possible, choquant les gens, c’est de cela que mon graffiti parle. Le principe est très simple, ils prétendent aimer le graffiti, alors je leur en donne. S’ils utilisent et aiment tant le graffiti, alors les marques devraient entièrement adhérer aux codes et principes qui régissent le graffiti. Le vrai graffiti est gratuit, il est illégal et il se produit quand et où on ne s’y attend pas. Les marques utilisent le graffiti donc elles doivent faire face à moi, au retour de bâton. Les institutions soutiennent les marques, l’arsenal juridique et la répression policière sont leurs principaux outils. Je suis légitime et illégal, ils sont illégitimes et légaux. C’est ainsi que fonctionne notre société, dès que vous êtes perçu comme déviant, hors cadre ou subversif, vous êtes chassé et les organes gouvernants tentent de vous faire taire. La néolibéralisation de notre société tend à la généralisation de ce schéma de fonctionnement.
The vision of the neoliberal city, supporting the development of capital through private investment, dominates today. One way for the governing bodies and the companies to make this a reality is to enhance their control of the space and its use. My work, because it affects the relations of capital between the states and the private sector is thus marginalized, repressed and sanctioned. The paradox is that the same institutions that are trying to shut me down are at the same time promoting the idea of a legal graffiti. La vision de la ville néolibérale, soutenant le développement du capital par l’investissement privé, domine aujourd’hui. Une façon pour les organes gouvernants et les entreprises de réaliser cela est de renforcer leur contrôle de l’espace et de son utilisation. Mon travail, parce qu’il affecte les relations de capital entre les états et le secteur privé, est ainsi marginalisé, réprimé et sanctionné. Le paradoxe est que les mêmes institutions qui tentent de me faire taire promeuvent en même temps l’idée d’un graffiti légal.
They can try as hard as they want, they will never kill authentic graffiti. Restructured, reshaped and transformed, graffiti, through the decades, has always adapted to the morphing of society but it has never broken down, using innovations and strategies to survive and affirm itself as a free practice.
Our capitalist society is driven by the creative destruction. In order to grow and develop itself, the capitalist city needs to destroy to be able to create. Following the same pattern, my work is ephemeral just like our society.
Ils peuvent essayer aussi fort qu’ils le veulent, ils ne tueront jamais le graffiti authentique. Restructuré, remodelé et transformé, le graffiti, au fil des décennies, s’est toujours adapté à la mutation de la société mais il n’a jamais fléchi, utilisant des innovations et des stratégies pour survivre et s’affirmer comme une pratique libre. Notre société capitaliste est animée par la destruction créative. Pour croître et se développer, la ville capitaliste doit détruire pour pouvoir créer. Suivant le même modèle, mon travail est éphémère tout comme notre société.
I create the present by destroying the past; the reign of these brands belongs to the past.As a response to that paradox of the ephemeral and to spread my message and leave a durable trace on society I started working on various supports. I do not use graffiti on canvas, because graffiti belongs to the streets. The message remains the same while the techniques are different. This way, I claim the right to write my own history as a graffiti artist, in opposition to the institutional street art. Je crée le présent en détruisant le passé; le règne de ces marques appartient au passé. En réponse à ce paradoxe de l’éphémère et pour diffuser mon message et laisser une trace durable sur la société, j’ai commencé à travailler sur divers supports. Je n’utilise pas le graffiti sur toile, parce que le graffiti appartient aux rues. Le message reste le même tandis que les techniques sont différentes. De cette façon, je revendique le droit d’écrire ma propre histoire en tant qu’artiste de graffiti, en opposition à l’art de rue institutionnel.
« Until the lion has his own storyteller, the hunter will always have the best part of the story » « Jusqu’à ce que le lion ait son propre conteur, le chasseur aura toujours la meilleure part de l’histoire »
My message is addressed to all, without any exceptions. I want to reach people and open their eyes to what is happening to our society, to wake them up from that capitalist coma they are in. As worse comes to worst today, we need to make our voices heard, graffiti is my megaphone. I do not pretend to teach the truth to anyone, but I know that everywhere on the planet people understand my struggle and share my opinions. Spread the word and grab your spray cans, your extinguishers, wherever you are. Mon message s’adresse à tous, sans exception. Je veux atteindre les gens et ouvrir leurs yeux sur ce qui se passe dans notre société, les réveiller de ce coma capitaliste dans lequel ils sont plongés. Alors que la situation se détériore aujourd’hui, nous devons faire entendre nos voix, le graffiti est mon mégaphone. Je ne prétends pas enseigner la vérité à quiconque, mais je sais que partout sur la planète, les gens comprennent ma lutte et partagent mes opinions. Diffusez le message et saisissez vos bombes de peinture, vos extincteurs, où que vous soyez.
From New York to Paris, Tokyo to London in every cities,this culture belongs to us. Join the army! New York à Paris, de Tokyo à Londres, dans toutes les villes, cette culture nous appartient. Rejoignez l’armée!
KIDULT KIDULT

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